Spécialités en hypnothérapie
Si ma formation me permet d’être généraliste, je me suis spécialisée dans les domaines suivants :
L’accompagnement de l’anxiété
L’anxiété est une réaction émotionnelle d’appréhension et de tension liée à l’anticipation d’un danger futur, réel ou imaginaire.
« Je suis angoissée depuis ma naissance »
C’est la 1ère phrase qu’elle a prononcée. Comme un constat de fait, quelque chose d’immuable qui s’impose à elle depuis toujours, un sort qu’on lui aurait jeté. Comment déconstruire ce qui a toujours été considéré comme figé ?
Et pourtant, elle a pris rendez-vous, elle est venue et elle nourrit l’espoir que ça puisse changer alors qu’elle a aujourd’hui 76 ans.
Alors l’objectif ne sera pas de ne plus ressentir d’angoisse, (je ne suis pas magicienne) mais peut-être déjà ; repérer les moments ou l’angoisse prend moins de place, le sommeil plus apaisé, le corps plus relâché jusqu’à peut-être ressentir du confort dans certaines partie du corps, respirer autrement.
Et c’est ce que l’on a fait, progressivement, au juste rythme pour elle.
Nous nous voyons encore avec Mme L mais les rendez-vous s’espacent et elle ne ressent plus le besoin de prendre les anxiolytiques et somnifères qui lui servaient de béquille. Elle découvre la possibilité de vivre l’instant présent sans se soucier tout le temps du lendemain.
Le mouvement est en cours.
L’accompagnement de la douleur persistante
Une douleur persistante est une sensation douloureuse qui dure ou récidive depuis plus de 3 mois, subsistant même après la guérison apparente de la cause initiale.
« Mon corps est rempli de douleurs »
Madame P s’installe dans le fauteuil qu’elle a choisi après une certaine hésitation. Je la laisse poser sa veste, son sac, trouver la bonne place dans le fauteuil. Sa tête se redresse sensiblement, ses yeux parcourent le cabinet pour venir chercher les miens puis ouvre la bouche et prononce d’une voix tremblante « mon corps est rempli de douleurs ».
Nous nous rencontrerons à 3 reprises, elle me parlera de ce qui a été important pour elle, de ses choix de vie, de séparations, de ses réussites, de ses craintes et puis de ce qui l’anime aujourd’hui. Nous avons ri, nous avons partagé des silences, nous avons créé un lien ensemble, nous avons formé une équipe et puis elle s’est autorisée à vivre des expériences.
Et puis un vendredi matin, elle décolle son dos du fauteuil, s’avance vers moi, ses mains posées sur ses genoux, et me dit en me fixant droit dans les yeux:
« – Ma fille trouve que je vais mieux !
– Et vous, comment vous sentez-vous ?
– Je suis d’accord avec elle »
Tout lui semblait plus léger, plus fluide, sa posture s’est redressée, sa voix s’est éclaircie.
Nous avons partagé ce constat d’amélioration significatif, suffisamment significatif pour ne plus se revoir.
Quatre mois après j’ai revu son kiné qui me l’avait adressé. Cette sensation de mieux dure dans le temps ce qui lui a permis de reprendre des séances de rééducation avec Mme P et son corps plus souple, remis en mouvement.
L’accompagnement des deuil dits « pathologiques »
Le deuil pathologique est une réaction de perte intense et persistante qui s’installe dans la durée empêchant la reprise du cours normal de la vie et s’accompagnant d’une souffrance psychologique invalidante.
« C’est flou »
Mme B, 45 ans vient me voir parce qu’elle se sent angoissée depuis une dizaine d’année. Elle prend des anxiolytiques que son médecin lui a prescrit lorsqu’elle se sent moins bien. Elle ne comprend pas ce qui majore ses phases de moins bien et date le début de ses difficultés au moment où elle était enceinte de son 1er enfant sans pour autant en comprendre les raisons. Nous explorons ensemble les liens avec sa famille, ses amis, les vivants et les morts.
Elle me parle de certains défunts qu’elle n’a pas connu et puis de son grand-père qu’elle a bien connu. Elle ne parvient plus à se souvenir de quoi il est mort, « c’est flou ». Je l’invite à prendre le temps de se remémorer des circonstances du décès, des rituels de cérémonie et de ce qui est important pour elle pour retisser les liens entre ces différents passages. Alors que je la guide à reprendre le fil de l’histoire, elle ne parvient plus à se souvenir si elle était à l’inhumation, ne comprend pas pourquoi, se rend d’ailleurs compte qu’elle ne sait pas où son grand-père est enterré, « comme une amnésie ». En fin de séance, après avoir pris le temps de se ré associer et de revenir pleinement dans l’ici et maintenant, elle se penche vers moi et sous le ton de la confidence me livre ceci ;
« – vous avez bien fait de me dire d’aller au cimetière
– Je ne vous ai pas dit d’aller au cimetière
– Ah bon ? et bien pourtant je crois que je vais le faire, c’est une bonne idée
– Ok »
Mme B m’a rappelé 3 semaines après Elle était allée au cimetière avec sa mère qui lui a-t-elle dit lui avait à plusieurs reprises proposé. Elle ne s’en souvient pas. Cette discussion avec sa mère lui a fait beaucoup de bien « et puis après on est allé marcher pendant 3h, ça fait du bien. J’en a oublié de prendre mes anxiolytiques cette semaine ».
Elle sait qu’elle garde une fragilité anxieuse mais elle a l’impression d’une amélioration suffisante pour le moment.
C’est parce qu’elle s’est remise en mouvement, qu’elle a créé le changement.
Elle avait tout, j’ai juste permis par ma présence que ce soit possible.